Il y a cette scène, très classique.
Ton enfant est devant un écran.
Et toi, tu te demandes :
“Est-ce que c’est trop ? Est-ce que c’est grave ? Est-ce que je devrais intervenir ?”
Si tu te reconnais, respire.
Tu n’es pas seul·e.
La question n’est pas seulement combien de temps un enfant passe devant un écran.
En réalité, une autre question compte tout autant — parfois même plus :
👉 Quel type d’écran ?
Car tous les écrans ne se ressemblent pas.
Et surtout, tous n’ont pas le même impact sur les enfants.
🧠 Comprendre la différence entre écrans passifs et écrans actifs
On parle souvent des écrans passifs enfants…
mais sans toujours expliquer ce que ça veut vraiment dire.
👉 Un écran passif, c’est un écran devant lequel l’enfant :
- regarde sans agir,
- reçoit le contenu sans interagir,
- reste immobile et silencieux.
Par exemple :
- dessins animés en continu,
- vidéos YouTube regardées sans échange,
- séries enchaînées.
👉 À l’inverse, un écran actif, c’est un écran qui :
- demande une action,
- sollicite la réflexion,
- laisse une place à la créativité ou au dialogue.
Par exemple :
- un jeu où l’enfant choisit, teste, construit,
- une application créative (dessin, musique, montage),
- un contenu regardé ensemble et commenté.
👉 Autrement dit : ce n’est pas l’écran en lui-même qui pose question, mais la posture de l’enfant face à l’écran.
🌙 Pourquoi les écrans passifs fatiguent davantage les enfants
Les écrans passifs enfants ont un point commun :
ils sollicitent très peu l’enfant mais stimulent énormément son cerveau.
Résultat :
- l’attention est happée,
- le corps ne bouge presque pas,
- les émotions sont déclenchées rapidement.
Beaucoup de parents observent alors :
- une agitation après l’écran,
- des difficultés à s’arrêter,
- une fatigue qui ressemble à de l’excitation.
Ce n’est pas un manque de volonté.
C’est une réaction neurologique classique.
👉 Le cerveau reçoit beaucoup mais n’a pas l’occasion de transformer, trier ou créer.
Exemple concret (5 minutes)
Après un dessin animé, proposer simplement de :
- raconter une scène préférée,
- dessiner un personnage,
- ou de jouer la scène avec des figurines.
Cela aide l’enfant à redevenir acteur, même après un écran passif.
🎒 Les écrans actifs : quand le numérique devient un outil
Bonne nouvelle : les écrans actifs ne fonctionnent pas de la même façon.
Quand un enfant choisit, teste, crée, se trompe et recommence, le cerveau est engagé différemment.
On observe souvent :
- une meilleure concentration,
- moins de tension à l’arrêt,
- un sentiment de satisfaction.
Cela ne veut pas dire que tous les écrans actifs sont “magiques”.
Mais ils laissent une place à :
- la curiosité,
- l’expérimentation,
- l’autonomie.
Exemple concret
Un enfant peut :
- créer un dessin numérique,
- programmer un petit jeu simple,
- réaliser une courte animation.
👉 Ce qui compte, ce n’est pas l’application parfaite mais le fait que l’enfant fasse quelque chose.
🌱 Ce que les enfants apprennent (ou non) devant un écran
Devant un écran passif, l’enfant apprend surtout à :
- recevoir,
- consommer,
- rester immobile.
Devant un écran actif, il peut apprendre à :
- résoudre un problème,
- prendre une décision,
- créer quelque chose de personnel.
Mais attention : l’écran, actif ou passif, ne remplace pas l’expérience réelle.
👉 Toucher.
👉 Bouger.
👉 Explorer le monde avec ses sens.
C’est là que l’équilibre devient essentiel.
Exemple simple
Après un jeu numérique sur les animaux, proposer une observation réelle :
- regarder un insecte,
- observer un oiseau,
- feuilleter un livre nature.
Le numérique devient alors un point de départ, pas une fin.
🦋 Comment trouver un équilibre sans culpabiliser
L’équilibre ne se décrète pas. Il s’observe.
Quelques pistes simples :
✔️ alterner écrans passifs et moments actifs,
✔️ privilégier les écrans actifs quand c’est possible,
✔️ proposer une transition douce après l’écran,
✔️ accepter que certains jours soient différents.
👉 Il n’y a pas de parent parfait. Il y a des parents attentifs.
Micro-rituel facile
Après l’écran :
- “Qu’est-ce que tu as préféré ?”
- “Qu’est-ce que tu aimerais essayer en vrai ?”
Deux questions suffisent souvent.
📚 Références et inspirations (sans dogme)
Plusieurs spécialistes de l’enfance nous invitent aujourd’hui à regarder les écrans avec plus de nuance — et surtout avec plus de lien. En effet, la question n’est pas seulement celle des écrans eux-mêmes, mais aussi de la relation que l’on construit autour.
👩👧 Isabelle Filliozat
Son approche met l’accent sur les émotions et la relation.
Ce qu’elle nous rappelle, simplement :
Un enfant va mieux quand il se sent écouté, compris et sécurisé. Autrement dit, le lien compte souvent plus que la règle.
Comment l’appliquer au quotidien :
- parler avec son enfant après un écran (« Qu’est-ce que tu as aimé ? »),
- accueillir ses émotions s’il a du mal à s’arrêter,
- rester présent, même quelques minutes.
🧠 Céline Alvarez
Elle s’appuie sur les neurosciences pour montrer que l’enfant apprend mieux quand il est acteur, curieux et libre d’explorer.
Ce qu’elle nous dit :
L’apprentissage ne se fait pas en forçant, mais en expérimentant.
Comment l’appliquer simplement :
- D’abord, privilégier les activités où l’enfant fait, choisit, teste,
- ensuite, proposer des écrans actifs (créer, jouer, réfléchir) plutôt que seulement regarder,
- enfin, accepter qu’il apprenne à son rythme, sans résultat attendu.
📱 Serge Tisseron
Il est connu pour sa règle 3–6–9–12, qui aide à réfléchir à l’usage des écrans selon l’âge.
Son message clé :
Les écrans ne sont pas “bons” ou “mauvais” en soi.
En revanche, ce qui compte, c’est l’âge, le contenu, le temps… et surtout ce qui vient après.
Comment l’appliquer au quotidien :
- Par exemple, éviter l’écran juste avant de dormir,
- puis alterner écran et moments réels (jeu, nature, discussion),
- plutôt que laisser seul devant l’écran, accompagner et échanger.
🌍 D’autres ressources fiables
Des organismes comme l’INSERM et l’UNICEF rappellent que :
-
d’un côté, le temps d’écran a son importance,
-
mais de l’autre, la qualité des interactions compte encore plus,
-
finalement, le jeu, le mouvement et la relation restent essentiels.
👉 À retenir
Ces approches ne donnent pas des règles à suivre à la lettre.
Au contraire, elles proposent des pistes pour réfléchir, observer son enfant, et ajuster petit à petit, dans la vraie vie, avec souplesse.
✨ En bref
Les écrans passifs ne sont pas “interdits”.
Les écrans actifs ne sont pas “miraculeux”.
Ce qui fait la différence :
- la posture de l’enfant,
- la durée,
- le contexte
Petit à petit, on ajuste. Sans pression.
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